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Vins casher : des vins pour tous, adaptés au culte juif

07/07/2020 Vinification

Ont-ils une saveur différente à celle des vins habituels ? Sont-ils élaborés uniquement dans les régions de culte juif ? Sont-ils uniquement destinés à la consommation des pratiquants de la religion juive ?

La réponse est un grand NON, retentissant.

Certes, les aliments casher, tels que le vin, suscitent de nombreuses interrogations, comme les questions précédentes. S’il est vrai que le vin casher est élaboré selon certaines règles afin qu’il puisse être consommé par le peuple juif, il est accessible à tout le monde. En d’autres termes, il ne faut pas être juif pour le déguster.

vin kasher

Ci-après, nous vous expliquerons en quoi consistent les vins casher pour vous encourager à les goûter.

Commençons par le commencement :

Qu’est-ce que le vin casher ?

Le terme « casher » dérive du mot hébreu qui signifie « apte ». Il s’agit donc d’un vin apte à la consommation conformément aux préceptes des lois religieuses du judaïsme (Cacherout) qui font référence à l’alimentation. Il s’agit d’un ensemble de règles à suivre pour la préparation des aliments et pour la vinification, des règles essentielles pour tous les pratiquants de cette religion.

Plus concrètement, pour qu’un vin soit considéré casher, il doit être élaboré par des « Juifs pratiquants ». Selon les lois strictes de cette religion, être un croyant ne suffit pas.

Les principes de base de l’élaboration d’un vin casher sont les mêmes que pour un vin non casher, c’est-à-dire que les raisins sont cultivés et récoltés de la même manière. Une cave qui produit des vins casher est semblable à une autre produisant des vins traditionnels. Par conséquent, le fait qu’un vin soit casher ou non n’influence pas sa qualité, ni sa saveur. Il n’est pas possible de déterminer si un vin est élaboré ou non selon ces préceptes avec une simple dégustation, son goût est identique à celui d’un vin traditionnel de style et de qualité similaires.

Mais alors, quelles sont leurs principales différences ?

Selon les préceptes de la Cacherout, pour qu’un vin soit casher, les levures et les éléments de filtration et de clarification doivent être certifiés comme tels et ne doivent pas provenir de sous-produits animaux. Comme il est bien connu, les gélatines (d’origine animale), la caséine (dérivée du lait) ou les isinglass (colle de poisson) sont souvent utilisés pour la clarification du vin, des intrants qui dans le cas des vins casher ne sont pas autorisés.

Ce détail a toute son importance, car en plus de pouvoir être consommé par les praticiens du judaïsme, nombre de ces vins conviennent également à tous les consommateurs, juifs ou non, végétariens ou végétaliens. Encore un point en faveur de ces vins ! Il suffit de vérifier qu’ils n’ont pas été clarifiés avec du blanc d’œuf, ce qui est autorisé dans le rite juif mais n’est pas compatible avec le régime alimentaire des personnes qui suivent le véganisme.

En Israël, la réglementation est encore plus stricte car elle oblige également les élaborateurs de vins casher à respecter les lois agricoles dans le vignoble. Il convient de souligner que ce sont les plus anciennes règles de culture au monde puisqu’elles datent de l’époque biblique. En outre, elles stipulent que durant les trois premières années de vie de la vigne, les raisins ne peuvent pas être utilisés pour élaborer du vin. Cultiver d’autres fruits dans le vignoble est également interdit. Ces deux pratiques sont curieusement appliquées par certains vignerons non casher dans le but d’accroître la qualité de la production de leurs vins.

Il est également obligatoire de donner à la terre une année sabbatique afin de la laisser se reposer, durant cette période les raisins ne sont pas récoltés (Sabbat, tous les sept ans). Cette règle est aujourd’hui, dans une certaine mesure, plus flexible, pour des raisons économiques.

Mevushal ou non Mevushal

Ce terme fait référence aux vins casher qui subissent un processus d’élaboration spécial qui est une sorte de pasteurisation instantanée (le liquide est soumis à des températures élevées pendant quelques secondes) pour garantir sa pureté. Grâce à ce processus, les vins peuvent être servis par une personne qui ne pratique pas le culte juif (par exemple, les vins proposés dans les dégustations ou dans les restaurants par des personnes non-juives).

Que peut provoquer cette pasteurisation ?

On dit que de tels vins, après avoir été exposés à cette chaleur, stabilisent leur couleur et leurs tanins. S’ils restent bons à court terme, ils perdent toutefois les bactéries qui contribuent à un bon vieillissement.

L’élaboration d’un vin selon les méthode casher n’influence pas sa qualité. Notons toutefois que les vins de style non mevushal sont de meilleure qualité et ont une plus grande capacité de garde.        

Le vin casher et ses catégories

Il existe trois catégories de base

Casher : ces vins sont élaborés conformément à tous les préceptes établis par le code alimentaire juif (cacherout).

Pessah ou Pâque casher : ces vins casher n’ont pas été en contact avec du pain, des céréales ou des produits à base de levain, comme pratiquement tous les vins, et sont destinés à la Pâque juive (Pessah), identifiés sur leur étiquette par une lettre P.

Casher L’Mehadrin : ces vins, pour leur élaboration, suivent les règles les plus strictes de la cacherout et passent par une surveillance de plus haut niveau pour être approuvés.

Comme vous pouvez le constater, il est très intéressant de connaître tous ces processus et ce qu’ils signifient pour la religion juive. Ils nous aident ainsi à comprendre que, même si ces vins doivent répondre à des modes de production stricts, ils peuvent également être appréciés par tous les amateurs de vin.

Vous pouvez trouver des vins casher de tous les styles : mousseux, blanc, rouge, rosé… il y a même un vin fino de Jerez, élaboré selon les préceptes de la Cacherout.

Nous vous présentons quelques suggestions afin que vous puissiez vérifier qu’en termes de saveur et de qualité, ils sont semblables à tout autre vin traditionnel. Il y a même des exemples de grands vins qui vous surprendront.

4 vins casher pour tous les amateurs de vin

Peraj Ha’abib (Fleur de printemps) Un vin rouge casher primé et reconnu internationalement et élaboré dans la D.O. Montsant en Catalogne par Celler de Capçanes. Il démontre que les vins de coopérative peuvent être du plus haut niveau. C’est un vin non mevushal (non pasteurisé) qui convient à la Pâque juive.

Recanati Marselan Reserve Un grand vin parmi les grands vins ! Élaboré avec du marselan, un cépage plutôt rare dans la région de Galilée, en Israël, mais où il s’est merveilleusement bien adapté, donnant naissance à un vin à l’essence méditerranéenne, élégant et volumineux.

Taanug Amfiteatre Priorat produit dans la DOQ Priorat par Pinord, une cave familiale catalane vieille de plusieurs siècles, ce vin casher reflète tout le caractère et la force du terroir qui le voit naître.

Recanati Yasmin White Pour les journées d’été, rien de tel qu’un vin blanc casher rafraîchissant, élaboré avec du chardonnay et du sauvignon blanc en Galilée, un vin qui nous offre toute la richesse du soleil israélien.

En résumé, des vins de haute qualité qui sont également casher, totalement recommandés pour tous ceux qui aiment le produit de la vigne. Nous vous mettons au défi de les comparer avec un vin non casher et d’essayer de trouver des différences. Vous laisserez-vous tenter ?

Photo de Ksenia Chernaya.

Source originale sur Pexels.com

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